Mercredi 22 juillet 2015

2EME ETAPE : VENTOSA - CIRUENA 24 km

 

Les six coups de l'église de Ventosa font office de réveil pour ce deuxième jour. Par la fenêtre, en entend également le concert des oiseaux qui logent dans les arbres de la place située devant notre logement; ils annoncent un lever du jour imminent. En une demi-heure, nous sommes parés pour faire un passage au bar du village afin de charger les batteries avec café, jus de fruits et croissants.
L'orage de la veille a bien rafraîchi l'atmosphère, ce qui rendra les premières heures de marche bien agréables. Après quelques centaines de mètres, nous assistons à un magnifique lever de soleil sur les vignes. Sur le chemin détrempé, nous faisons connaissance avec la terre ocre qui colle aux semelles. Nous essayons d'imaginer ce que cela doit être par temps de pluie avec de simples baskets au pieds : une sacrée galère.
Pour le moment, il y a bien peu de monde sur la route. Nous sommes bien loin des ruées décrites dans certains récits où les pèlerins partent à la lampe frontale afin d'être sûrs s'obtenir un lit pour la nuit suivante. Le fait d'avoir réservé nos logements nous permet d'avancer sans soucis, à notre rythme.
Après 11 kilomètres, nous arrivons à Najera, ancienne cité des rois de Navarre. Un monastère et un palais fortifié, situés à la sortie de la ville, sont les emblèmes de ce passé prestigieux. La traversée de cette cité fut un vrai jeu de piste à la recherche de la flèche jaune difficilement repérable dans les tunnels, passages étroits, place de spectacle en construction, ponts et carrefours. Finalement nous atteignons la rue en pente qui nous permet de sortir de la zone urbaine.

Au sommet, après avoir traversé un bois de pins, nous admirons le paysage composé d'un patchwork de parchets de vignes, champs de blé et zones sauvages, tout cela dans un relief vallonné.
Sur cette portion de route , nous passons une heure à bavarder avec une étudiante américaine, très heureuse de pratiquer le français et un enseignant allemand d'Aix-la-Chapelle. La fille, qui effectue un stage à Paris, a été encouragée à entreprendre cette marche par ses parents, qui ont eux-même fait le chemin et elle est enchantée de cette expérience.
Petite pause à Azofra. Les 9 kilomètres qui suivent ont un avant-goût de Meseta : ligne droite, chemin caillouteux et champs de céréales à perte de vue. Le petit plus sont les repères à l'horizon et le chemin marqué de quelques virages.
A l'arrivée de notre étape, nous longeons un terrain de golf et un village résidentiel où la moitié des logements est à vendre. La crise n'est pas terminée.
Nous sommes accueillis chaleureusement à la Casa Victoria. Le repas du soir a lieu à l'autre bout du village à l'auberge Victoria. L'ambiance y est vraiment familiale. Des enfants jouent dans la pièce voisine, on parle fort, la cuisinière prépare notre menu dans la pièce attenante à la salle à manger. Deux couples d'italiens sont de la partie. L'un d'eux vient de Sardaigne et l'autre de Turin. A nouveau, nous avons de la chance, car une des convives est enseignante et très contente de pouvoir pratiquer la langue de Molière.

 

 

 

« A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »

Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle