Mardi 29 juillet 2014

14EME ETAPE : SANSOL - LOGRONO 22KM

Nous sommes à "El Olivo" comme à la maison. Le petit-déjeuner est prêt sur la table de la cuisine, pour les produits frais, nous allons nous servir dans le frigo.

Départ pour la dernière étape de l'année. Le temps est frais et le vent, bien soutenu, nous accompagnera tout au long de la journée. Cela doit être ici chose courante, car des dizaines d'éoliennes tournoient sur les sommets environnants. La première moitié du parcours est très vallonnée entre des vignes, des champs d'oliviers et des portions de nature plus sauvage. Avant Viana, nous allons marcher en ligne droite avec un clocher en point de mire. A l'ombre de l'église, pause-café et petites pâtisseries.

Quelques kilomètres plus loin, surprise! Nous revoyons Sanami la japonaise qui éprouve tant de plaisir à cheminer qu'elle a décidé de continuer quelques jours. Il faut dire qu'elle loge à Tokyo dans un minuscule appartement. Alors se retrouver dans de si vastes espaces, souvent sans traces humaines, doit lui procurer un sentiment de liberté incroyable. A 25 ans, c'est la 5ème ou 6ème fois qu'elle vient en Europe et elle a aussi étudié une année aux USA. Elle nous explique qu'elle a fait une formation universitaire en lettres et littérature française, puis elle a travaillé dans une banque. Cependant, pour avoir la formation adéquate, elle a dû suivre des cours du soir et le week-end. C'est un cursus normal au Japon. On comprend dès lors mieux, qu'avec leurs seuls 9 jours de vacances officielles, les habitants de ce pays aient envie de voir autre chose et se passionnent pour les voyages.

Arrivée en douceur à Logrono, ville d'environ 200'000 habitants. De grandes allées pavées et fleuries nous conduisent à un point d'information pour les pèlerins juste avant de franchir l'Ebre.

Notre logement est un hôtel low-cost avec choix de chambres ou dortoirs, contigu au mur arrière de la cathédrale, en pleine vieille ville. A l'heure où nous arrivons, la cité à l'air morte, pas de civilisation, pas de piétons dans les rues. C'est certainement l'heure de la sieste.

Nous partons ensuite commander nos billets de train du lendemain pour Barcelone. La gare est un bâtiment ultramoderne, mais aux abords c'est le calme plat, pas de mouvement de voyageurs, bizarre! Nous entrons dans un vaste hall ressemblant à celui d'un aéroport. Deux pèlerins, avec leur sacs à dos, sont assis sur un banc. L'ambiance est irréelle : un immense restaurant, vide, l'espace de vente des billets avec ses dix guichets alignés, vide... le seul employé attend un hypothétique client. Il nous propose, pour un trajet de plus de 4 heures, un billet de première classe pour 50 Euros.

Pour la fin de la journée, c'est programme touristique avec visite des églises, de la place du jeu de l'oie, des rues marchandes qui commencent à s'animer, sans oublier de déguster une bonne glace bien méritée.

 

 

 

 

« A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »

Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle