Lundi 28 juillet 2014

13EME ETAPE : ESTELLA - SANSOL 28KM

Notre hôtel se situant à la périphérie de la ville et à l'opposé du chemin, un service de taxi est mis à disposition pour reprendre la route. C'est presque avec un sentiment de culpabilité que nous acceptons de monter à bord du véhicule.

A peine sortis de la cité, nous passons à côté de l’exploitation vinicole qui s'est fait une publicité mondiale en permettant aux pèlerins de boire à sa fuentes de vino en y mentionnant tout de même d'être raisonnable dans la consommation du produit.

Pour nous qui dégustons le nectar à l'heure du petit-déjeuner, la recommandation était superflue. A noter que la fontaine est actuellement sous surveillance vidéo, car certaines personnes venaient y remplir des jerricanes entiers.

Nous avions à peine fait quelques pas que nous entendons, derrière nous, un air connu. Trois jeunes hommes chantent à l'unisson : "Quand je bois du vin clairet, Ami tout tourne, tourne, tourne, tourne, Aussi désormais je bois Anjou ou Arbois". En fait, ce sont trois autrichiens qui chantent en français sans comprendre les paroles.

Une montée en pente douce sur des sentiers toujours parfaitement entretenus nous amènent à Villamayor de Monjardin. A l’entrée du village une source couverte a été conservée depuis le Moyen-Age. En approchant, seul le clocher de l'église apparaît, puis petit à petit, l'édifice se dévoile entre de hauts cyprès. Nous faisons quelques provisions et le plein d'eau.

Ensuite, les chemins sont monotones sillonnant la campagne. Partout des champs alternant avec de la vigne. Le paysage est cependant toujours attrayant par ses rondeurs et ses couleurs. Les dégradés ocre sont mis en valeur par le vert des vignes. Les lignes de ceps contrastent avec le velouté de la terre retournée.

Lors d'une pause, nous rencontrons une grenobloise qui a fait la route depuis chez elle et connait bien les lieux que nous avons aussi parcouru dans cette région. Elle nous fait savoir que les coréens sont en nombre, il semblerait que ce soit la troisième nationalité la plus représentée sur le Camino Francès. Il est vrai que l'on en a beaucoup vus et il sont reconnaissable à leur accoutrement : bras, jambes et même visage recouverts afin de se protéger du soleil. Ils s'encombrent aussi de gros appareils photos et il n'est pas rare de voir monsieur chargé comme un mulet et madame se balader en chaussures légères et chapeau élégant. Il parait que le chemin de Compostelle est vendu là-bas comme un voyage très tendance.

La plupart des marcheurs s'arrêtent à Los Arcos. Nous y prendrons le repas de midi et attaqueront ensuite les 7 derniers kilomètres. Cette fois l'objectif est envue; c'est un minuscule clocher qui pointe tout au fond de l'horizon et nous savons qu'il nous faudra deux heures pour l'atteindre.

La Casa Rural El Olivo nous attend, nous pourrons y reprendre des forces. Nous y retrouvons Ana et Ernesto, le couple de Grenade avec qui nous avions partagé un logement à Larasoana.

Pour 10 Euros l'hôtesse nous propose un menu complet. Nous aurons à nouveau beaucoup de plaisir à déguster la cuisine familiale locale en essayant de bavarder avec les mains et quelques mots d'espagnol grappillés par-ci, par-là.

 

 

 

 

 

« A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »

Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle