Samedi 26 juillet 2014

11EME ETAPE : CIZUR MENOR - PUENTE LA REINA 23KM

 

A 5h30, dans le dortoir, cela s'agite déjà. Certains partent immédiatement, mais nous, nous prenons le temps d'avaler un petit-déj' improvisé.
Le soleil n'est pas encore levé et les marcheurs s'égrainent sur les chemins de terre battue qui se perdent à l'horizon dans un vaste paysage. Après une pause café, nous entamons la montée vers l'Alto del Perdon, bien connu sur le chemin car il est doté de dizaines d'éoliennes qui sont visibles depuis la sortie de Pampelune.
Hier, elles nous semblaient inatteignables, minuscules points de repères à l'horizon, et voilà que maintenant, nous nous sentons, à leur pied, comme des fourmis face à des girouettes.
Au sommet du col, nouvelle image emblématique du chemin, maintes fois photographiée: une frise métallique de personnages en marche, érigée en 1996 et qui nous fait un peu penser à nos poyas gruériennes ou à Don Quichotte se battant contre les moulins... Et ici, les grandes ailes qui tournent, ce n'est pas ça qui manque.
La descente commence par un sentier escarpé recouvert de galets ronds et inégaux qui vont parfaire la musculation des plantes de pieds et des chevilles. Ceux qui sont équipés de chaussures légères en auront pour leur compte.
Devant nous, les repères sont maintenant les clochers des églises avec leur tour carrée typique de la région. Le paysage qui nous entoure est un patchwork de couleurs. Brun des terres labourées, jaune paille des champs de céréales moissonnés ou non, jaune soutenu et taché de brun des champs de tournesols à maturité et vert pâle des prairies.
En fin de parcours, nous optons pour une boucle supplémentaire de deux kilomètres afin de visiter Notre-Dame d'Eunate, église romane du XIIème siècle. Ce monument, perdu au milieu de nulle part, présente un plan octogonal, il est entouré d'une enceinte d'arcades faisant penser  aux édifices vus en Arménie. Ce petit bijou valait vraiment le détour. Durant la journée, pas de commerce en vue. Nous nous contenterons d'une pomme et d'une barre de céréales.
Arrivés à Puente la Reina, après un bref passage à l'hôtel, nous partons visiter la ville et en particulier le "Puente" qui fait sa réputation. Sur le chemin du retour, à peine après avoir entamé la rue principale, de grandes barrières en bois bloquent nos arrières. Cent mètres plus loin, l'opération se répète, mais devant nous. Nous nous retrouvons au milieu d'hommes habillés tout en blanc au milieu d'une feria avec lâchers de taureaux à la clé. Quand même un peu inquiets d'être pris dans la mêlée, nous franchissons l'obstacle de 2,5 mètres et nous retrouvons en zone protégée. Toute la ville est aux abords du parcours ou sur les balcons. Peu avant, tout le monde avait partagé un repas en famille sur des tables installées dans les rues et au son des bandas qui assurent l'animation musicale. Le soir, il sera bien difficile de trouver un restaurant, tout étant fermé. La fête dure environ une semaine en englobant la Saint-Jacques, le 25 juillet, fête patronale de la Ville et du Pays.

 

 

 

« A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »

Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle