Mercredi 23 juillet 2014

8EME ETAPE : CABANE D'ORISSON - BURGUETE 23KM

Des jours comme celui-là, cela ne se raconte pas, cela se vit.
A 6h30, nous assistons au lever du soleil, magnifique boule rougeâtre apparaissant entre les branches de l'arbre situé devant notre fenêtre. Ajoutez à ce décor les innombrables pans de montagnes colorés en dégradé de gris ainsi qu'une mer de brouillard qui plonge les vallées dans les nimbes. C'est un véritable rêve éveillé.
Le départ se fait au tempo du montagnard, dans le silence des paysages envoûtants. L'air est vivifiant, le temps parfait pour franchir ces Pyrénées en savourant chaque instant. Depuis des centaines de kilomètres, c'est la première fois,  que nous pouvons, en ayant pris de la hauteur, évaluer la route parcourue.
Après 2 heures de montée régulière, nous faisons halte au point de ravitaillement qu'un paysan a installé. Il nous parle de son activité et nous faisons des comparaisons avec ce qui existe dans nos alpages. Son vœu serait de venir voir les régions alpines.
Au-dessus de nos têtes, une douzaine de grands rapaces profitent du vent soutenu pour planer et jouer avec les courants. Peut-être qu'ils aperçoivent l'océan qui n'est situé qu'à une quinzaine de kilomètres à vol d'oiseau.
La fontaine de Roland marque la frontière et l'entrée dans la Province de Navarre.
Nous ne verrons pas les fantômes de l'armée de Charlemagne en déroute, ni n'entendrons le son de l'olifant lançant un dernier appel désespéré. On peut cependant imaginer la difficulté pour les chevaliers de franchir de telles montagnes escarpées.
Une fois le col du Lepoeder (1430m)passé, c'est la descente vers Roncevalles qui s'amorce. Sur les bords du chemin, c'est une merveille d'admirer les couleurs des fleurs qui parsèment les talus de taches jaunes ou roses. A cela s'ajoute les senteurs du thym sauvage chauffé au soleil.
Rapidement, l'abbaye de Roncevalles apparait, nichée comme un bijou dans un écrin de verdure au fond de la vallée. Avant d'y parvenir, nous ferons durer le plaisir en prolongeant le temps du pique-nique aux abords de la chapelle du col d'Ibaneta, lieu bien connu des ornithologues qui viennent admirer les oiseaux migrateurs.
Un sentier bucolique serpente jusqu'à l'Abbaye. Des pèlerins sont déjà en attente de leur logement, mais ce n'est pas la foule des grands jours. Dans la cour, nous croisons Joël et échangeons nos impressions sur l'étape du jour.
Encore trois kilomètres d'un magnifique chemin forestier et nous arrivons au terme de cette étape qui est, pour le moment, la plus belle qu'on ait vécue par son cadre et son tracé.

 

 

 

« A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »

Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle