Samedi 19 juillet 2014

4EME ETAPE : SAUVELADE - LICHOS 26 KM

5h45, le coq avait décidé de réveiller le gîte. Chacun prend son petit-déjeuner en libre service à la cuisine. Nous croquons allégrement dans nos tartines.

Le paquetage est bouclé rapidement, nous sortons dans un air moite qui laisse échapper quelques gouttelettes qui n'arrivent même pas à nous rafraîchir.

Des paysages forestiers, des pâturages sur lesquels paissent des vaches blondes d'Aquitaine et toujours ces immenses champs de maïs qui défilent de collines en vallons nous rendant la marche variée.

La pause "achats" se passe à Navarrenx, charmante bourgade dont les remparts ont été visités par Chopin en compagnie de Madame de Saint-Cricq, apprend-on par une plaquette scellée dans la porte monumentale de sortie de la ville.

Le parcours se poursuit entièrement en forêt de sorte qu'aujourd'hui, l'aire de pique-nique se réduira à un talus sur le bas-côté du chemin. Vers 13h30, toute la clique qui chemine sur un espace d'un à deux kilomètres se retrouve sous l'abri aménagé par Jean, éleveur de canards, qui propose aux pèlerins des pâtés de toutes sortes, accompagnés de boissons et cafés. Inutile de dire que peu résistent à la tentation. Le bonhomme lui-même mérite un arrêt pour son verbe truculent, sa désinvolture méridionale et son accent chantant.

Chacun reprend sa route à son rythme. Une heure plus tard, rebelote pour un rassemblement. Nous voyons que les premiers sont confortablement installés dans une belle propriété bercés par des chants accompagnés d'une flûte et d'une guitare. Ils sont en grande conversation avec des personnes au look "soixante-huitard" . Après un "Where do you come from?", nous suivons le mouvement et tendons l'oreille pour comprendre où nous avons mis les pieds. Virginie nous glisse à l'oreille : C'est une secte, c'est de l'arnaque, je veux me tirer d'ici. Cette communauté est en effet perçue dans la région comme une secte qui essaie d'enrôler les pèlerins. Nous n'écoutons plus leurs bonnes paroles et tirons notre révérence tous ensemble. Nous faisons halte à Lichos, quelques kilomètres plus loin, chez Marie-Jo Carrère qui nous reçoit fort aimablement dans son petit pavillon et nous offre un repas généreux.

 

 

 

« A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »

Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle