Jeudi 17 juillet 2014

2EME ETAPE : PIMBO - POMPS 25 KM

Un solide petit-déjeuner nous prépare à avaler le parcours de la journée. La météo a prévu une ambiance caniculaire. Le matin passera sans problème sur des chemins forestiers en alternance avec des traversées de champs. Le relief est nettement plus vallonné et, du coup, moins pénible pour les articulations.

Toujours bien peu de monde sur le chemin. Nous faisons un bout de route avec un étudiant de Figeac qui a passé la nuit sous le porche de l'église de Sensacq en utilisant l'eau du cimetière pour la lessive et la douche. Il nous doublera à l'approche de midi, dans une raide montée, pour s'arrêter à l'église juchée au-dessus de la colline. Il y passera quelques heures harassé et vaincu par la chaleur. Lorsque nous luis disons que nous continuons encore 45 minutes jusqu'au village suivant, il nous lance : "c'est vrai, vous êtes suisses", illustrant un préjugé qu'ont peut-être les français de croire que les helvètes sont plus persévérants et volontaires qu'eux.

Les kilomètres de l'après-midi seront pénibles, le thermomètre grimpant jusqu'à 36 degrés. Ils seront égrenés avec des pauses fraîcheur à chaque église.

Nous parvenons au gîte communal de Pomps "sur les rotules", affaiblis par la chaleur qui n'en finit pas de battre des records. Le logement, un bungalow dans lequel nous serons huit à passer la nuit, est digne, vers 16h00 d'un véritable hammam. Nous partageons le repas avec Lina et sa fille, Virginie, qui cheminent pour faire le deuil de leur époux et père, tragiquement disparu dans un accident de la circulation quelques mois auparavant, et pour retrouver espoir en l'avenir. Lina, juste à la retraite, était pleine de projets et, d'une heure à l'autre, tout s'est effondré. Sur le chemin, c'est incroyable ce que des gens que vous n'avez jamais vus peuvent vous confier, en toute simplicité, sur leurs soucis personnels. Certainement que bien des psychothérapies n'obtiendraient pas de meilleurs résultats. C'est aussi cela, la magie du chemin. Malgré des envies de sortir nos matelas et de dormir à la belle étoile, nous avons récupéré de nos efforts dans notre pavillon grâce à une brise fraîche qui est venue nous offrir une bonne ventilation à la tombée du jour.

 

 

 

« A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »

Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle