Mardi 23 juillet 2013

11EME ETAPE : CASTELNAU - MONTREAL-DU-GERS 25 km


Au petit-déjeuner nous discutons avec notre logeur qui nous assure qu'il n'y a que huit kilomètres jusqu'à Condom alors que notre guide nous en promettait onze. Nous ferons effectivement trois kilomètres de moins que prévu.

Les informations diffusées à la télévision nous rappellent que le monde ne s'est pas arrêté de tourner, mais que, sur le chemin, nous sommes déconnectés de ce qui se passe ailleurs.

Pour certains pèlerins on "entre en chemin" comme on "entre en religion". Ils n'arrivent plus à s'arrêter, ils sillonnent les chemins de pèlerinage pour fuir le monde et ses réalités. Il existe même une structure qui met en place une thérapie pour soigner les personnes atteintes de cette addiction et pour les aider à décrocher.

Notre  route vers Condom va commencer par une attaque dans le petit bois sombre au bas de la première descente. Non pas de brigands, comme cela se produisait au Moyen-Âge, mais d'une armée de moustiques qui avaient hâte de prendre leur petit-déjeuner. Nous avons remporté le combat à coups de "pshitt" anti-moustiques, mais l'ennemi laissa quand même des traces visibles et sensibles durant plusieurs jours.

Nous cheminons le long des champs de tournesols, dont certains ont perdu quelques graines, un pèlerin facétieux s'étant amusé à "dessiner" des visages plus ou moins souriants au coeur de la plante.

A Condom nous sommes accueillis par D'Artagnan et les trois mousquetaires statufiés devant la cathédrale. Les quatre héros gascons sont bien exploités par l'office du tourisme. Les enfants costumés peuvent s'identifier à un soldat du roi en accompagnant des cavaliers pour un tour en vieille ville.

Le temps d'assurer le ravitaillement et de se régaler d'une barquette de fraises, nous repartons pour de longs kilomètres à côtoyer les vignes et les cultures de haricots verts. A Montréal-du-Gers nous logeons au gîte la Compostela tenu par Anita, une allemande. Il doit bien faire 30° dans notre dortoir et nous espérons que la fraîcheur de la nuit fera baisser la température. Nous prenons le repas du soir "en famille" et la deuxième partie de soirée se passera à la fête médiévale où défilent jongleurs, avaleurs de feu, musiciens et population locale costumée.

Les tambours et tambourins vont nous bercer jusqu'à minuit alors que nous cherchons le sommeil dans la moiteur du dortoir.

 

 

 

« A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »

Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle