Samedi 20 juillet 2013

8EME ETAPE : MOISSAC - SAINT-ANTOINE 29.5 KM

 

Hier soir, nous avons mangé au Carmel. Nous étions 5 pèlerins, alors que la veille les hospitaliers avaient préparé 45 repas. Au petit-déjeuner nous retrouvons un pèlerin genevois qui avait prévu de marcher entre le Puy-en-velay et Saint-Jean-Pied-de-Port et qui a finalement décidé d'abandonner vaincu par la chaleur, les tendinites et le manque de motivation.

Aujourd'hui ce sera la journée des lignes droites. Tout d'abord, nous avons longé le canal du Tarn puis celui de la Garonne. Quatorze kilomètres de plat, à part quatre écluses de trois mètres chacune. Cet ancien chemin de halage, bétonné pour permettre le passage des cyclistes, est bien ombragé par de magnifiques platanes plus que bicentenaires. Nos ancêtres qui les ont plantés ne pensaient pas que des marcheurs du XXIème siècle apprécieraient autant leur ombre.

Vers 11 heures, changement de direction sur route goudronnée et sans ombre. Les gourdes se vident et nous sommes heureux de trouver de l'eau fraîche à l'église qui se trouve au pied de la colline d'Auvillar.

Quand nous atteignons la place centrale de la bourgade moyenâgeuse, nous repérons la Halle à grains avec ses mesures aux quatre coins. Puis nous rejoignons le point de vue qui offre un coup d'oeil à 240° sur la campagne environnante.

Les estomacs ayant besoin de carburant nous repérons une jolie terrasse ombragée dans un cadre idyllique. Ce petit plaisir nous donnera l'énergie nécessaire pour affronter la marche de l'après-midi qui sera longue d'une dizaine de kilomètres dont huit sur le bitume en plein soleil.

A Saint-Antoine, le tenancier du bar nous demande ce que nous avons à nous faire pardonner pour cheminer sous une chaleur pareille. Nous avons déjà vingt-huit kilomètres dans les jambes et le gîte de la ferme de Villeneuve se trouve à un kilomètre et demi du village. Nous avons sué, mais quelle récompense à l'arrivée : la ferme rénovée est un gîte superbe. Rose-Anne et Renaud nous reçoivent comme des amis, ils nous proposent le lavage du linge et, après la douche, un plongeon dans la piscine.

L'apéritif et le repas du soir sont servis sur la terrasse, au menu : poulet du terroir, riz aux tomates du jardin, plateau de fromages et dessert rafraîchissant.

Quelle gentillesse, générosité et disponibilité de la part de nos hôtes qui nous tiendront compagnie jusqu'à 22 heures.

Nous passons une excellente soirée en compagnie d'une famille de Perpignan et en particulier, Mireille, qui nous raconte une peu sa vie avec une autodérision et un humour que seuls les gens du Sud peuvent avoir. L'étape restera un beau souvenir.

En pensant au genevois qui a abandonné hier à cause des conditions difficiles, nous aurions pu imaginer que cette étape serait une galère. Il y eut quelques moments pénibles, mais la pérsévérence et l'abstraction des problèmes peut offrir de belles satisfactions et des rencontres magnifiques.

 

 

 

 

 

 

« A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »

Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle