Vendredi 19 juillet 2013

7EME ETAPE : LAUZERTE - MOISSAC 25 KM

 

John est allé à la boulangerie chercher du pain frais et des croissants. Nous nous régalons en dégustant les confitures de figues et de melon de Margaret. Elle, sur ses tartines, elle applique une fine couche de "Marmite", sorte de "cenovis" anglais qu'elle se procure au pays, c'est assez original. Lorsque nous quittons le gîte, une de ses amies apparaît en robe de chambre et pantoufles en peluche rose, so british!

Afin d'éviter une remontée sur la colline, nous coupons par un kilomètre de départementale. Nous aurons ménagé nos mollets mais pas nos oreilles au passage des camions.

Aujourd'hui nous ne sommes pas en avance sur l'horaire, la faute à nos bavardages matinaux avec Lady Margaret. La montre indiquait 8h00 lorsque nous avons acheté les sandwichs à la boulangerie. Selon Jean-Louis l'étape du jour a 600 mètres de dénivelé positif. En étant à environ 150 mètres d'altitude on se dit que cela est sans doute exagéré mais les premiers reliefs semblent lui donner raison. Au sortir d'un bois le petit bonheur du jour est de découvrir un petit étal avec  de magnifiques cerises et abricots, les enfants de la ferme voisine gagnent leur argent de poche avec ce service que le pèlerin rétribue librement. N'ayant aucun fruit pour notre lunch nous en profitons pour combler ce manque.

A 10h30, pause diabolo sur une charmante terrasse Yolande et Gilles ont déjà profité du café. Jean-Louis et Muriel sont loin devant étant partis à 6h00. Quant à Martine, elle a pris le taxi du transporteur de bagages pour Moissac. Aux champs de melons traversés la veille s'ajoutent des vergers de kiwis, pêches, abricots ou cerises. Un autre pays est aussi présent sur le chemin, c'est la Suède. Plusieurs fois, un homme athlétique nous a doublé, grand chapeau vissé sur la tête, bâtons cliquetant à un rythme plus rapide que le nôtre. Il a déjà fait le chemin de Saint-Jean-Pied-de-Port à Saint-Jacques de Compostelle et s'offre pour cette année la version intégrale à partir du Puy-en-Velay, c'est Bo le suédois.

La journée est très chaude et les portions de bitume nombreuses, après la pause de midi le trajet est surchauffé et monotone, cela fera des dégâts dans le peloton. Jean-Louis et Muriel partis 2h00 avant nous ce matin sont couchés à l'ombre et auront de la peine à repartir.

A Moissac, Gilles n'aura pas la force de monter au gîte pour la douche avant le repas du soir en ville. En effet l'arrivée à Moissac est longue et trompeuse, car il faut encore traverser une partie de la ville avant d'arriver au but. On nous l'avait dit, nous y étions préparés, mais une fois arrivés sur la place de la Cathédrale nous nous sommes précipités dans le premier bistrot venu pour étancher notre soif. Depuis 10h00 ce matin nous n'avons rencontré aucun point d'eau et nos réserves étaient à sec.

Avant de monter au gîte nous visitons la cathédrale romane et son cloître renommé aux chapiteaux remarquablement conservés. Pour atteindre notre logement nous devons encore grimper, c'est l'ancien Carmel actuellement géré par le Club Alpin Français. L'hospitalier nous amène à notre chambre dans une annexe du complexe. Pour atteindre les sanitaires nous devrons passer par l'extérieur. Durant la nuit la lampe frontale est d'une gande aide. Le confort nous importe peu, la douche et le lit c'est l'essentiel.

 

 

 

 

« A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »

Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle