Mardi 16 juillet 2013

4EME ETAPE : LE MAS DE VERS - CAHORS 17 KM

 

Nous sommes maintenant dans le Bas-Quercy ou Quercy blanc, appellation donnée en raison du calcaire très clair qui affleure partout et de la lumière qui est réfléchie par les cailloux blancs du chemin. Au début du parcours nous suivons de grandes lignes droites ombragées. Çà et là, sur les côtés on aperçoit des plantations typiques de la région : les truffières. Ce sont des vergers de chênes au pied desquels se dissimule le fameux champignon, plus commun l'été, plus savoureux l'hiver.

Au bout de dix kilomètres le relief s'anime de nouveau et l'on passe de causse en causse, avec des descentes bien marquées sur des cailloux instables qui favorisent la torsion des chevilles.

Le dernier causse on va le parcourir sur la crête sous un soleil torride et des senteurs de poussière et de résineux. Cela nous rappelle les ambiances grecques ou siciliennes.

 

Soudain Cahors apparait, sa vieille ville est enserrée dans une boucle du Lot. Après une descente bitumineuse et abrupte, nous franchissons le pont Louis-Alexandre. Nous avons la sage idée de suivre un conseil prodigué par une marcheuse qui nous a suggéré de faire halte à l'Octroi de Cahors, ancien péage tenu par des bénévoles. Deux charmantes personnes nous proposent des boissons fraîches et la possibilité de déposer nos sacs pour l'après-midi.

Notre gîte ouvrant à 15h30, nous jouons aux touristes une partie de l'après-midi. Par rapport au Puy-en-Velay et à Figeac, nous sommes un peu déçus par cette ville que nous voyions plus typique. Les bâtiments anciens manquent de rénovation. Les ruelles moyenâgeuses pourraient être charmantes, mais les tags, les crottes de chien et la saleté laissent un souvenir mitigé. Même la cathédrale pourtant d'une architecture originale a été oubliée, excepté les vitraux qui sont remarquables.

La maison des pèlerins est notre gîte du jour, il est tenu par Jean-Paul, un pèlerin assidu qui a parcouru trois fois le chemin. Nous logeons dans une chambre sous le toit rénovée avec goût et qui nous plonge dans l'ambiance de l'époque de nos grands-parents. Hier, nous disions que sur ce tronçon, l'esprit "pèlerinage" avait quelque peu disparu, aujourd'hui nous faisons une séance de rattrapage en participant à l'office  de 18h45 et à la bénédiction des pèlerins à la cathédrale.

Notre logeur nous a proposé de partager son repas. Nous avons accepté avec plaisir, tant le personnage nous semblait hors du commun. Il a fallu être bon auditeur, car pendant 1h30 il nous a raconté sa vie de pèlerin et d'hospitalier avec moult détails qui, à la longue, nous ont un peu soûlés comme le vin qu'il versait avec générosité. Au menu de ce repas : des artichauts en entrée, du chou rouge à profusion et une demi saucisse de Morteau (autant parler d'un demi-saucisson par personne), des fruits pour le dessert. Nous avons fait le plein de protéines et de vitamines.

 

 

 

« A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »

Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle