Lundi 15 juillet 2013

3EME ETAPE : LIMOGNE-EN-QUERCY - LE MAS DE VERS 25 KM

 

Certains se sont levés aux aurores afin d'éviter la chaleur, d'autres qui voyagent en groupe égrainent leurs départs en fonction de leur niveau de marche pour se retrouver à midi. Les calculs n'étaient pas très bons, puisque même à l'arrivée le passage de la ligne s'étalera sur plus d'une heure. Le ravitaillement pour deux jours est acheté à Limogne, car nous ne rencontrerons aucun commerce durant les cinquante prochains kilomètres.

Toute la journée sera un bain de nature et de soleil. Nous allons parcourir une ancienne voie romaine, tunnel de végétation sans fin sous les chênes qui se recourbent et toujours guidés par ces interminables murs de pierres sèches.

Sur le chemin des marcheurs solitaires ou par paires, alentour pas âme qui vive à des lieues à la ronde. Les chants d'oiseaux et de cigales sont nos compagnons de route, ainsi que les papillons qui volètent dans les parties herbeuses.

 

 

A la pause de dix heures, une vieille dame, à la silhouette aussi courbée et tourmentée que les chênes qui bordent la route, vient faire un brin de conversation. Son accent du sud est savoureux. Elle s'est déplacée pour réprimander son chien qui convoitait un peu notre casse-croûte.

Une chose nous étonne sur cette portion de chemin, depuis Figeac les signes ostentatoires du pèlerinage sont absents du paysage, si ce n'est quelques croix éparpillées. Le religieux a perdu sa place au profit de la randonnée. Les rares églises sont fermées, désaffectées ou utilisées à d'autres fins, comme celle de Cajarc qui loge l'office du tourisme.

Nous parvenons à Poudally vers quinze heures et sommes accueillis par un couple, heureux parents d'un bébé de quelques mois. Ces gens courageux et attentionnés gèrent l'accueil, le logement et les repas d'environ 30 personnes. Un bonne lasagne et un dessert au citron présenté dans un bocal à foie gras réjouissent nos papilles. Nous conversons avec le groupe des six et prolongeons la soirée avec Gilles, qui enseigne la géographie aux étudiants des universités de Foix et Toulouse. Il est également formateur d'enseignants.

 

 

 

« A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »

Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle