Samedi 13 juillet 2013

1ERE ETAPE : FIGEAC - USSAC 25 KM

7h30, petit-déjeuner, l'air est tiède et promet une journée caniculaire. Nous faisons une petite halte au marché pour l'achat de rillettes, pain aux noix et abricots, puis c'est la traversée du Célé et la montée sur une colline  plantée de chênes pubescents et de genévriers. Tout au long de la route des murs de pierres sèches, tantôt colonisés par des plantes grimpantes ou de la mousse, tantôt en ruines ou magnifiquement reconstruits, vont nous guider sur des kilomètres. Après deux heures de marche nous découvrons Faycelles, village minéral sous la chaleur estivale. Nous nous accordons une pause rafraichissement bien méritée.

Quelques kilomètres de goudron plus tard, nous trouvons le lieu idéal pour le pique-nique : une magnifique cazelle, maison de pierre sèche et quelques belles pierres plates ombragées qui serviront de sièges. Dans la maisonnette un calendrier est ouvert  à la page du 13 juillet, nous pouvons lire la pensée du jour:

 

"Celui qui a ce qu'il veut n'est pas le plus heureux des hommes"


Pour nous à l'instant, notre petit bonheur est de contempler un vol de papillons, d'observer une pousse de lierre , d'écouter le chant des cigales .

Les kilomètres de l'après-midi défilent sous un cagnard de tous les diables. Les vêtements sont trempés, les gouttes de sueur perlent au menton. Heureusement, quelques tronçons forestiers nous évitent le rayonnement direct du soleil.

A trois kilomètres du but, nous découvrons un jeu de piste qui nous sert de balise pour rejoindre le gîte situé légèrement en dehors du chemin. Des coquilles Saint-Jacques sont collées sur des pierres à intervalles réguliers, des petits messages d'encouragement ou des plaisanteries jalonnent également le parcours. Nous avons l'impression d'être le petit poucet cherchant son chemin dans la forêt.

Quelques minutes après notre arrivée à la ferme de la Source, le propriétaire arrive en compagnie de deux parisiens qui s'étaient égarés et pour lesquels il a dû jouer au Saint-Bernard. Apparemment le balisage n'était pas explicite pour tout le monde. Dieu que le sirop de menthe et une bonne douche furent appréciés. Ce soir, Dominique et Sylvie nous ont préparé un repas avec des produits issus de leur ferme, y compris le safran qui parfumait le riz. Dominique prend le temps de nous expliquer la culture de cette épice, avec photos à l'appui. Nous mentionnons qu'un petit village du Haut Valais (Mund) produit également du safran mais il n'en n'a jamais entendu parler.

Pendant la soirée nous découvrons, grâce aux explications de Dominique et Sylvie, la vie de ces agriculteurs qui sont vraiment passionnés par leur métier.

Dans la maison nous avons également remarqué quelques pensées ou citations qui sont placardées un peu partout.

"Le chemin le plus court entre deux êtres est le sourire"

"Qui est guidé par une étoile ne regarde jamais en arrière"

(Léonard de Vinci)

A côté du miroir de la salle de bains nous lisons cette sentence :

"Vous êtes innocent de la tête que vous avez, mais vous êtes responsable de la gueule que vous faites".

Chose également originale pour régler la note, le visiteur dépose dans une boîte la somme qui lui semble convenir ou qu'il a les moyens de payer. Bel exemple de confiance et de solidarité.

 

 

 

« A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »

Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle