Dimanche 29 juillet 2012

12EME ETAPE : LIVINHAC-LE-HAUT - FIGEAC 25 KM

Dernier réveil de ce périple, les coqs se sont manifestés depuis un moment déjà lorsque retentit l'alarme de la montre. A 7h15 nous sommes sur la terrasse pour déguster d'excellentes tartines encore tièdes. Cette nuit nous craignions la chaleur mais le Lot a réussi à garantir un peu de fraicheur jusqu'à l'intérieur de la caravane.

Livinhac-le-Haut ne porte pas ce suffixe de manière abusive. Pour atteindre le village, il va falloir monter. Nous en avons pris l'habitude depuis quelques jours. Après une heure de marche, un pèlerin athlétique nous dépasse. Nous échangeons quelques mots en anglais. Il est parti du Puy-en-Velay trois jours après nous et nous explique qu'il fuit la folie des Jeux Olympiques de Londres.

Le paysage s'adoucit, les collines s'arrondissent et les vallées se creusent nettement moins. Cependant le chemin devient moins bucolique, les tronçons de bitume sont plus nombreux et plus larges. Pour la pause de midi, nous décidons de nous arrêter à Saint-Félix. La place de pique-nique jouxte l'église. Une surprise attend Philippe, Jean-Guy et Régine : des amis les ont rejoints pour partager ce dernier repas sur le chemin. En compagnie de Gaétan, le belge, du couple de campeurs du Sauvage et de l'homme au chapeau, nous dégustons le champagne dans les gobelets des thermos. Nous laissons nos compagnons de route en tête à tête avec le fromage et le coup de rouge et avalons les huit derniers kilomètres. La descente sur Figeac nous oblige à freiner des deux bâtons et nous atteignons la ville en traversant la base de loisirs installée au bord du Célé. Nous revenons donc à la vie "civilisée" avec son flot de voitures et le bruit qui l'accompagne. Nous nous installons pour trois nuits à l'hôtel du Pont du Pin et dès demain nous visiterons les trésors de Figeac.

Cette troisième étape aura été la plus belle depuis le début de l'aventure. Merci à tous ceux qui nous ont si bien accueilli, qui nous ont cuisiné des repas, ô combien appréciés après une journée de marche. Merci à Martine, Pauline, Fabien, Anne-Marie et Hans, Philippe, Jean-Guy et Régine. Merci à Anne et ses trois ados, aux deux pèlerins de Montpellier, au petit Adrien, sa famille et leur âne, à Daniel, Louise et les autres québécois, à Gaétan et tous les autres avec qui nous avons partagé un repas, échangé quelques mots ou marché côte à côte.

Merci à dame nature de nous avoir évité la pluie et de s'être montrée sous ses plus beaux atours durant toute cette traversée. Merci à nos pieds de nous avoir transportés en se faisant oublier, nous laissant le loisir d'apprécier chaque moment sans souci de la douleur.

Après cette expérience nous comprenons que pour être bien dans sa tête et dans sa peau il faut finalement peu de choses : se sentir libre, avoir la santé, disposer d'un gîte et de nourriture. On comprend alors un peu mieux ces moines qui vivent avec l'essentiel et se sentent pleinement épanouis. Quand notre vie de tous les jours aura repris son rythme soutenu, nous penserons de temps temps  qu'il est possible de vivre plus simplement tout en ressentant un grand bien-être.

 

 

 

 

« A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »

Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle