Vendredi 27 juillet 2012

10EME ETAPE : ESPEYRAC - CONQUES 12 KM

La veille au soir, alors que le thermomètre marquait encore 26° à 22 heures, notre chambre sous le toit avait encore gardé la chaleur de la journée. Et dire que 4 jours plus tôt, dans la tour des anglais, la nuit était si fraîche que deux couvertures n'étaient pas de trop pour se tenir au chaud.

Comme pour le Tour de France, nous avons droit aujourd'hui à notre jour de repos. Enfin presque puisque seulement 12 km sont au programme. Donc départ tranquille vers 8h30. La traditionnelle montée nous dérouille les jambes et nous poursuivons par la crête de la montagne pour atteindre les hauts de Conques. La descente sur le sentier escarpé vaut presque les chemins alpins. Cet itinéraire, bardé de murs de pierres sèches recouverts de lierre et de mousse nous plonge dans l'ambiance du Moyen-Age et nous nous imaginons pèlerins terminant leur étape de 60 km et atteignant l'un des grands objectifs du pèlerinage, vénérer les reliques de Sainte-Foy.

Nous abordons Conques par le haut et admirons les toits, puis un peu plus loin apparaît l'église abbatiale avec ses tours caractéristiques, un des plus beau fleuron conservé de l'art roman.

Conques, perdu au fond d'une vallée recouverte de verdure, agrippée à la falaise, est un vrai bijou moyenâgeux dont les bâtiments et les rues ont gardé leur aspect originel. Le tourisme s'est bien sûr emparé de l'occasion pour en tirer profit, mais cela n'a rien à voir avec l'exploitation que l'on fait de Gruyères, d'Yvoire ou de Riquewihr. Beaucoup de pèlerins terminent ici une étape du chemin ou en recommencent une. Arrivés sur le coup de midi, nous prenons le temps de déguster une bonne salade avant de nous rendre à l'accueil de l'Abbaye Sainte-Foy où nous allons prendre possession de notre logement. Le rituel est bien rôdé puisque presque 100 personnes peuvent occuper les lieux. Nos sacs à dos sont placés dans des housses en plastique sprayées de produit anti-punaise. Ce parasite est vivement combattu dans chaque endroit où le pèlerin est accueilli. 65 marches d'un escalier en colimaçon, usées par les siècles, donne accès à notre chambre.

Nous avons hâte de nous rendre à l'abbatiale. L'entrée est somptueuse avec son tympan richement sculpté dont nous aurons une lecture en soirée. L'intérieur est impressionnant, le volume et la hauteur de l'édifice donnent le tournis. Il est certain que les pèlerins du 12ème siècle devaient rester bouche bée devant pareille merveille.

Dans l'après-midi nous profitons du temps libre pour écrire quelques cartes postales. Il faut dire que, dans cette traversée, le signal sur le téléphone portable était très aléatoire.

A 19h00 c'est l'heure du repas pris en commun dans le réfectoire. Nous prendrons ce repas en compagnie de Martine, habitante de la maison du frère de Denis Diderot à Langres, et de son mari venu la rejoindre. Il était Maire de la ville en 2006, année où nous avons passé nos vacances dans cette région.

20h30 c'est l'heure des complies animées par 5 frères prémontrés présents sur le site de Conques. Nous attendions avec impatience le commentaire de description du tympan et nous n'avons pas été déçus. Le frère, excellent acteur, y a fait un véritable show en racontant de manière très imagée les damnés, sur la gauche du Christ, les élus sur la droite, sans oublier Sainte-Foy et son martyr illustré sur le bas-relief.

La soirée se terminera à l'intérieur avec un son (orgue) et lumière (éclairage subtil des chapiteaux). L'ambiance qui est ainsi créée ne peut pas se décrire, elle se vit.

 

 

 

« A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »

Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle