Lundi 23 juillet 2012

6EME ETAPE : LA FERME DES GENTIANES-AUBRAC 20 KM

Ce matin, au petit-déjeuner, cela parle de punaises de lit. Des randonneuses qui souhaitaient faire halte dans le village précédent ont découvert ces charmantes petites bêtes qui sont la hantise des logeurs et des voyageurs car pour les éradiquer, il faut parfois 2 ans. Donc, elles ont signalé leur présence au propriétaire et ont fait fuir les autres résidents. Le propriétaire n'a eu que des paroles rageuses pour exprimer son dépit et la perte de la recette de la journée. La propriétaire des Gentianes nous informe que ces bestioles l'ont presque obligée à fermer boutique. A huit heures, départ pour parcourir l'Aubrac que nous avons abordé hier.

L'AUBRAC

L'Aubrac est une immense mer de gazon constituée de 300 montagnes entre 1200 et 1460 mètres d'altitude, issue des grandes exploitations organisées par les moines du XIIème siècle. C'est aussi des vaches aux yeux cernés de noir, à la robe caramel et aux cornes en forme de lyre. Nous avons pu remarquer qu'elles étaient tout à fait pacifiques, même accompagnées de leur veau ; on en dira pas de même du taureau massif et impressionnant dont la montagne de muscles trépignait dans un enclos voisin de notre gîte. Il y a également ces interminables murs de pierres basaltiques qui ont leur origine dans l'épierrement des zones de pâtures. Le paysage est parfois d'un beau vert où l'herbe est abondante pour les troupeaux, parfois jaune dans les zones appelées "refus" qui ne sont pas broutées et qui sèchent. Julien Gracq, écrivain français a qualifié l'Aubrac de continent chauve. D'autres ont aussi parlé de désert ; il est vrai que les montagnes arrondies peuvent être comparées à des dunes de sable. L'Aubrac c'est aussi des prairies multicolores où croissent une variété infinie de fleurs, on y respire des parfums de miel et le silence y est total, seul le vent nous murmure à l'oreille un message de paix et de sérénité.


Après une dizaine de kilomètres nous parvenons à Nabisnals, endroit très prisé des randonneurs, mille possibilités de découvrir la région, à pied, à cheval, en VTT ou accompagnés d'ânes. L'église du XIVème siècle est construite en basalte. L'habituel passage à l'épicerie nous permets de garnir le pain avec du cantal et une terrine de canard aux figues, avec un yaourt pour le dessert c'est du pique-nique trois étoiles. Au cours des 10 kilomètres suivants les murs de pierres disparaissent petit à petit et tout à coup, alors que l'on s'attend à voir apparaître une enième montagne, c'est le toit d'une tour qui apparait à l'horizon. Cette tour des anglais sera notre gîte pour la nuit. Nous sommes les premiers et récupérons la clé de notre château médiéval au restaurant de la Dômerie. Les étages sont bien organisés : les sanitaires au rez-de-chaussée, les dortoirs aux premier, troisième et quatrième étages, la salle commune et la cuisine au deuxième. Le repas du soir en demi-pension est servi dans les anciennes caves à vin du restaurant. La pièce a un plafond voûté et un éclairage tamisé. Nous sommes six à partager le repas servi sur une table en bois massif . A la vue du serveur qui vient des cuisines pour nous servir en sous-sol, nous nous inventons des histoires de geôlier venant apporter la pitance aux prisonniers de la tour.

La nuit fut une expérience originale à vivre. Se réveiller et avoir, au-dessus de sa tête, à portée de main, une voûte de pierres froides et saillantes vous incite à croire que vous êtes encore au pays des rêves. Les portes vont grincer et claquer, les gens vont se déplacer et rouspéter, une vraie nuit comme on les aime quand on est fatigués et que l'on veut dormir.

 

 

 

 

« A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »

Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle