Samedi 21 juillet 2012

4EME ETAPE : LE SAUVAGE - LES ESTRETS 20 KM

Au réveil, pas moyen de voir quoi que ce soit, le brouillard s'est installé et nous rappelle l'étape des Sétoux. En mettant le nez dehors, le fond de l'air est plutôt frais : 7 ou 8° et un vent du nord soutenu renforce cette impression. Il ne faut  pas oublier que l'on se trouve à 1300 mètres d'altitude. Sans nous presser, nous partons dans les derniers et empruntons un chemin forestier qui nous amène à la chapelle Saint-Roch. Saint-Roch croise souvent la route des pèlerins, car à la fin des guerres de religions, il a supplanté Saint-Jacques en devenant le patron des voyageurs, des pèlerins et des miséreux. Dès lors, nous quittons la Haute-Loire pour entrer dans le département de la Lozère. La journée est un vrai bain de nature préservée. Par ci, par là, quelques troupeaux de vaches paissent dans des pâturages plutôt maigres, qui l'hiver venu sont battus par les vents, le froid et la neige. Chose étonnante les piquets de clôture sont en granit, alors que chez nous cette pierre est plutôt rare et chère. Et il n'y a pas seulement les piquets de clôture, on la rencontre tout au long du chemin : tables, bancs, passages enjambant les ruisseaux... Petite parenthèse, le village du Rouget nous offre de belles maisons construites en grès rose.

A Saint-Alban-sur-Limagnole, nous nous payons le luxe d'un repas à l'intérieur, la température ayant plafonné et le vent ne s'étant pas calmé. C'est peut-être le fait d'être entré en Lozère, ici l'accent des gens du pays est très chantant. Le patron du restaurant est polyvalent, il passe des clients du bar à ceux qui on eu le courage de s'installer sur la terrasse, sans oublier les "mangeurs" installés dans la salle à manger. Ici l'addition se fait encore en griffonant sur le coin de la nappe et la comptabilité de l'établissement doit être bien approximative.

Les sept derniers kilomètres se parcourent sur les sentiers de sable ou de blocs granitiques, et plus loin dans un enchevêtrement de racines.

Ces vingt kilomètre de vrai plaisir nous conduisent au Gîte du Gévaudan aux Estrets. Afin de nous rappeler que nous sommes aussi en vacances, nous nous offrons ici le confort d'une chambre d'hôte avec salle de bains.

Au repas du soir, nous mangeons en bonne compagnie, quatre normandes, une hongroise, deux belges et deux alsaciens. Au menu : salade de lentilles du Puy, daube de génisse de l'Aubrac, fromages de la région et flan caramel. Les estomacs sont comblés. Le gérant, administrateur, serveur et cuisinier a un sens de la répartie exceptionnel. En discutant avec lui, aucun de nous n'a réussi à avoir le dernier mot. Quand on lui demande quel parfum est distillé par son vaporisateur et qui nous incommode quelque peu, il répond, non ce n'est pas du jasmin, ni du bois de santal, c'est un produit de "Monsanto" qui sert à tuer les mouches, car ces pèlerins du XXIème siècle ne supportent plus les insectes.

 

 

 

« A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »

Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle