Vendredi 20 juillet 2012

3EME ETAPE : SAUGUES - LE SAUVAGE 20 KM

Le petit déjeuner est un festival de miels et de confitures maison. Notre logeur, avec son langage fleuri, nous précise que la prochaine étape sera plate, mais avec une nuance : chez nous, s'il existe un endroit plat, c'est un terrain de football. Avant de partir, Pauline a fait du tri dans ses bagages, elle est parvenue à alléger son sac d'environ un kilo et demi. Martine entame l'étape en notre compagnie et va découvrir comment alléger ses épaules grâce à la sangle abdominale de son sac. Ses épaules seront peut-être un peu moins douloureuses ce soir.

En quittant Saugues nous laissons derrière nous les roches volcaniques pour aborder une nouvelle variante géologique, la Margeride,  un massif issu de la même poussée que les Alpes, il y a 320 millions d'années. Le patrimoine bâti change de teinte et prend les couleurs du granit constellé de cristaux.

Sur le chemin les cailloux sont un peu trop haut, Hélène chute et se retrouve avec les genoux d'été de son enfance, elle en sera quitte pour quelques égratignures sans gravité.

Première pause au pied d'une des nombreuses tour des anglais qui ont été érigées lors de la guerre de cent ans.

En jetant un coup d'oeil sur le chemin serpentant au flanc de la colline nous apercevons des grappes de marcheurs qui se succèdent à un rythme régulier. Nous qui croyions n'être que quelques pèlerins à cheminer sur cette portion de route, nous devons bien constater que nous sommes précédés et suivis. On remarque également la diversité des équipements : charges de mulet, bretelles  trop étroites qui scient les épaules, sans compter les sacs qui ballotent et ceux qui ne peuvent tout contenir (chaussures, baguette de pain, gourdes etc.).

Les pieds des pèlerins s'accomodent également de diverses formes de souliers : tongs, sandales, baskets. On s'arrange comme on peut pourvu que les ampoules ne fassent pas souffrir. Enfin, tout ce petit monde arrivera à gagner l'étape du soir selon ses capacités.

A midi, pause sandwich sur la terrasse d'une maison qui met à disposition des tables pour le pique-nique. Une jeune fille gagne quelques sous en vendant des en-cas, des sirops et des cafés. Les toilettes sont à disposition et nous ne pouvons que louer l'accueil simple et chaleureux.


Les croix de Margeride :

Le long des chemins se dressent, surtout en altitude, de nombreux petits menhirs qui servaient jadis de balises pour les voyageurs, puis à leur croisée, ou simplement au col, la croix taillée qui rappelle l’importance de la religion chrétienne à une époque où le voyageur, souvent isolé, avait à endurer les humeurs du climat. On y faisait halte, aussi, lors des processions pour bénir les terres et les récoltes.

Source : http://www.margeride-truyere.com/fr,1,928.html

 

La deuxième partie de l'étape se fera par de beaux sentiers qui traversent bocages, tourbières et forêts. Une flore très riches colonise les pâturages et bords de chemin : épilobes, digitales, oeillets, violettes et la grande gentiane et ses fleurs jaunes, dont la racine est exploitée pour élaborer la liqueur régionale.

Perdu au milieu de nulle part le domaine du Sauvage nous accueille pour la nuit. Nous partageons le repas à la table communautaire avec un américain qui a déjà parcouru le chemin à cinq reprises : chemin de Vézelay, de Bordeaux, des anglais...Cette année il le fait en sens inverse. Avant le dessert, l'histoire du Sauvage nous est contée par un des employés. Au XIIe siècle le domaine appartenait à l'Hôtel-Dieu du Puy-en-Velay et servait a nourrir les malades de l'établissement. Dans les années septante, un projet de parc à thème prévu par Valéry Giscard d'Estaing a capoté pour des raisons politiques. Actuellement, il est destiné à loger les pèlerins et touristes de passage en privilégiant les produits locaux pour cuisiner les repas servis à l'auberge et en fournissant un travail d'appoint aux familles d'agriculteurs.

 

 

 

« A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »

Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle