Jeudi 19 juillet 2012

2EME ETAPE : SAINT-PRIVAT D'ALLIER - SAUGUES 19 KM

Après le petit-déjeuner, nous revoyons l'homme à la semelle. Il a bien tenté de la recoller, mais sans succès. Fataliste, il enfile son 41.5 dans ses chaussures de secours pointure 44. Avec le relief de l'étape nous lui avons souhaité bon courage.

Au sortir de Saint-Privat, sur le chemin étroit qui serpente sur la colline, c'est le bouchon, non pas de pèlerins, mais de vaches guère pressées de s'en aller pâturer, suivies du berger avec son bâton qui tente de les faire accélérer, tranquillement installé sur son ... quad. Les traditions se perdent! S'ensuit une superbe balade forestière parmi les fougères géantes, les épilobes et les genêts. Le sentier nous mène à Rochegude, place forte en ruines à la frontière du Velay et du Gévaudan qui offre une vue impressionnante sur la vallée de l'Allier. Nous perdons 400 mètres de dénivellation pour plonger sur Monistrol-d'Allier. Par bonheur le temps est sec, car dans le cas contraire le chemin doit se transformer en ruisseau et rendre la descente plutôt périlleuse. Nous croisons la ligne de chemin de fer des Cévennes réputée pour ses dizaines de viaducs et autres tunnels construite au début du siècle. Pour la suite de l'étape, il fallait bien se douter que le chemin nous mènerait à nouveau sur les hauteurs, cela grimpe, mais la vue est grandiose et nous atteignons la chapelle de la Madeleine pour une petite halte. Nous atteignons un plateau intermédiaire et surprise, nous voyons arriver en sens inverse la professeur de lycée avec laquelle nous avions terminé l'étape précédente. Pour elle, c'est le choc et elle nous demande si nous nous sommes trompés de direction. Mais non, c'est elle qui marche "à l'envers". La pauvre était complètement désorientée. Comme la veille nous restons en sa compagnie pour la suite de l'étape. La conversation roule sur les aléas de la vie, de la politique et de l'économie mondiale et les 7 derniers kilomètres sont avalés rapidement. Nous arrivons à Saugues et trouvons sans problème notre gîte.

 


Saugues : Bourg important du Gévaudan qui consacre un musée à "sa bête". L'ambiance y est glauque à souhait et les évènements de 1764 y sont contés en reprenant et interprétant les textes historiques de l'époque.

Nos logeurs nous ont préparé un repas gargantuesque. Nous sommes 6 pèlerins à le partager. En plus de Pauline et Martine, un couple franco-néerlandais, qui s'est rencontré lors de leur dernière étape du Camino Francès, s'est joint à la tablée. En parlant profession, nous constatons que les enseignants sont nombreux sur le chemin...

L'originalité du repas résidait dans le plateau de fromages. C'était du pur terroir provenant de chèvres, vaches et brebis. L'aspect visuel n'est guère engageant, particulièrement pour le fromage du Velay qui a une croûte cironnée par de minuscules acariens (les artisous) dont on voit encore quelques specimens gambader dans l'assiette. Ces petites bestioles, en travaillant, forment une sorte de sciure. Georges insiste bien en précisant qu'il se mange avec la croûte, donc petites bêtes comprises. Nous n'irons pas jusque là, mais apprécierons quand même son goût accompagné d'un verre de rouge auvergnat.

 

FROMAGE LE VELAY

Fabrication : une préparation originale du lait
L'originalité de sa fabrication tient à la préparation du lait qui détermine ses futures qualités : en effet, après maturation, le lait de la veille est partiellement écrémé puis mélangé avec du lait de la traite du jour afin d'être emprésuré.
 

Ensuite, lors de chaque étape de sa conception, du moulage au salage, le Velay est soigneusement travaillé à la main comme le faisaient les producteurs il y a des siècles.
Après le salage, le fromage est mis à sécher 2 à 5 jours avant de rejoindre les claies ou maies en bois de peuplier propices au développement des fameux artisons ou "artisous".
La durée d'affinage en cave est de 3 semaines minimum, mais les connaisseurs se délectent plus volontiers d'un fromage de deux mois d'âge, à la croûte irrégulièrement sculptée par ces milliers de petits acariens.

Source : http://www.auvergne.chambagri.fr/


 

 

 

« A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »

Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle