Mercredi 18 juillet 2012

1ERE ETAPE : LE PUY-EN-VELAY - SAINT-PRIVAT D'ALLIER 23 KM

Hier soir nous avons retrouvé avec bonheur l’accueil Saint-François que nous avions laissé l’an dernier. Après un bon repas de pâtes au «Marco Polo» nous terminons la soirée en lisant quelques chapitres dans le magnifique jardin du foyer, accompagnés par les chants d’oiseaux et les cloches de la cathédrale. Quoi de mieux pour évacuer le stress des semaines précédentes.
Mercredi matin départ dans la fraîcheur du petit matin qui promet des températures de saison, pas vraiment idéales pour le randonneur. A la place du Plot nous pouvons lire : «Ici prend naissance la Via Podiensis, grande route du Pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle» - Saint-Jacques 1511 kilomètres.
Nous laissons le Puy avec l’idée d’y revenir et arrivons rapidement sur des plateaux basaltiques où poussent des herbes plutôt maigres mais avec une variété de fleurs intéressante. A mesure que la température monte des effluves de sureau et de thym embaument les sentiers qui surplombent des effondrements d’origine volcanique qui sont maintenant recouverts de végétation.
Nous goûtons à un calme ressourçant en progressant sur de très beaux sentiers de terre dont les ocres varient d’un kilomètre à l’autre. Une pause diabolo, la visite de l’église de Saint-Christophe sur Dolaizon et 16 km ont été avalés sans que l’on se rende compte de la distance déjà parcourue. On se dit que notre corps doit garder en mémoire les efforts qu’il a fournis par le passé et que maintenant, avec l’entraînement, cela est plus facile.
Apparemment tout n’est pas si simple pour tous les marcheurs. Alors que nous parvenons à Saint-Privat d’Allier avec 23 km dans les pieds et que nous aurions aisément pu en rajouter quelques uns, les randonneurs qui rejoignent la Cabourne ont des fortunes diverses. Il y a celui qui arrive en chemise blanche, trempé de sueur et laissant choir son sac dans un dernier effort. On voit aussi des pieds couverts d’ampoules et des mollets qui sont allergiques au soleil. Il y a aussi l’épisode cocasse de celui qui ne voulait pas marcher avec des chaussures neuves et dont les vieilles pompes ont laissé leur semelle sur les pierres volcaniques. Un habitant du village a eu la charité de lui offrir son 44 pour qu’il puisse terminer l’étape. Il y a aussi cette famille, avec trois enfants, qui cherche un pré pour faire paître son âne.

Saint-Privat d’Allier, notre point de chute est un charmant village dans un écrin de verdure. Les maisons sont construites avec des pierres cuites au feu des volcans et qui comme des pains artisanaux, prennent des teintes variées du jaune ocre au noir charbon. les blocs sont tantôt compacts et d’une dureté incroyable, tantôt semblables à des éponges pétrifiées dont la rugosité vous arrache la peau. En fin d’après midi nous montons jusqu’à l’église romane typique qui offre une fraîcheur bienfaisante. De l’esplanade, une vue à 360° laisse voir les gorges de l’Allier, des orgues basaltiques et de la verdure à perte de vue.
Le repas du soir nous fera apprécier la compagnie des personnes rencontrées dans le courant de la journée et la cuisine généreuse de la région : saucisse, lard, pommes de terre et liqueur de verveine en digestif.

 

 

 

 

« A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »

Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle