Vendredi 29 juillet 2011

11EME ETAPE : SAINT-JULIEN-CHAPTEUIL - LE PUY EN VELAY 19 KM

Le label "Logis de France" est garant d'une bonne qualité de restauration. Le petit-déjeuner a été royal avec, en particulier, des yaourts aux myrtilles élaborés dans une laiterie du coin et dont l'onctuosité et l'aspect crémeux ont enchanté nos papilles. Pendant cette dégustation, de l'autre côté de la rue, s'arrête une mobylette. Une fois le casque retiré apparaît le visage buriné d'une mamie de 75 ans, elle porte un seau de plastique à la main et entre à la réception de l'hôtel. Le contenu du seau ? Cinq kilos de cassis pour faire les confitures maison servies au petit-déjeuner. Après avoir dégusté un café, elle promet de livrer les courgettes, dès que celles-ci seront assez grosses. Comme quoi la mondialisation n'est pas toujours la panacée.

9h15, faux départ de 400 mètres vers l'est, ce que nous confirme notre boussole. Il faut dire que nous étions arrivés la veille par un autre balisage et que cela nous a un peu désorientés. En descendant la rue principale, nous croisons une dame, avec qui nous avions échangé quelques mots la veille. elle semble avoir de la peine à comprendre que nous puissions faire tous ces kilomètres, alors qu'elle a bien de la peine à aller chercher sa baguette de pain à la boulangerie.

La sortie de la localité se fait par une route à fort trafic, le premier kilomètre n'est pas une partie de plaisir. Puis nous nous engageons à nouveau sur les sentiers campagnards pour laisser, sur notre gauche, un impressionnant rocher basaltique, surnommé "l'orgue", constitué de structures verticales et surmonté d'une sorte de langue qui a dû être une coulée de lave.

A Marnhac, surprise au lavoir communal qui doit servir depuis des temps immémoriaux, quelqu'un a laissé une lessive qui en était peut-être au stade du rinçage, comme dans les pubs de la Mère Denis. Nous n'aurions pas imaginé que cela existât encore. En poursuivant notre route, nous nous étonnons de voir nos ombres, il faut dire que le soleil a été tellement peu présent ces derniers jours que nous avions presque oublié que nous en avions une. A Brives-Charensac, dernière localité avant le Puy, nous atteignons la Loire que nous allons longer par un joli sentier aménagé, au bord duquel coulait un bief alimentant des moulins.

L'arrivée au Puy se veut agréable pour le randonneur. Un chemin piétonnier longe la Borne et arrive à la ville par l'arrière. Le rocher d'Aiguilhe, surmonté de la chapelle Saint-Michel, fait face à la statue de Notre Dame de France. Au-dessus de la montée escarpée, un rafraîchissement est le bienvenu. Le tenancier de l'estaminet qui soigne ses habitués en chantant des chansons à boire pousse le détail jusqu'à distribuer des coupons de PQ aux dames allant se soulager aux WC publics. Grâce au plan de ville qu'il nous a donné, nous rejoignons, non sans mal, le foyer Saint-François à l'orée de la Cathédrale. Il faut dire que les ruelles du Puy sont un vrai labyrinthe.

 

 

 

« A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »

Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle