Jeudi 28 juillet 2011

10EME ETAPE : SAINT-JEURES - SAINT-JULIEN-CHAPTEUIL 18.5 KM

La première vision du matin : brouillard à ne plus voir la maison d'en face et un froid de canard, ce n'est plus octobre, c'est novembre. Petit-déjeuner à la grande table, on règle nos 30 Euros par personnes - comment font-ils pour en tirer un bénéfice? - et le sac est remis sur le dos pour l'avant-dernière étape. Régulièrement, les sentiers caillouteux prennent la couleur du basalte et sont pavés de manière très chaotique, leur donnant des airs de Paris-Roubaix du marcheur. Une première ouverture dans le paysage laisse apparaître les deux sucs d'Achon et des Ollières, volcans sans cratères, qui, tels des "Molésons" annoncent l'entrée dans le massif central que nous allons juste aborder par le sud. La vision est à mettre dans un catalogue avec son troupeau de vaches en premier plan, une verdure mise en évidence par l'humidité ambiante et des écharpes de brouillard qui ressemblent à des fumerolles de volcan en activité.

A Araules, ravitaillement "Chez Fernande" pour le pique-nique, par contre pour le pain il faut se rendre à la boulangerie, au-dessus du village. Chaque maison a son jardin potager qui ferait pâlir d'envie le meilleur amateur de nos régions.Les légumes magnifiques assurent un approvisionnement pour une bonne partie de l'hiver. Comme dirait le fou d'occitan "ici, il ne fait pas bon être marchand de primeurs". Après un essai d'une heure en mode short, il faut déchanter, une bruine se mettant à tomber. Cela va s'intensifier jusqu'à devenir un orage s'abattant sur nous, accompagné de vent et d'une chute de température. Nous trouvant au point culminant du périple à 1300 mètres d'altitude, la situation n'est pas très enviable. Les sentiers se transforment rapidement en ruisseaux, les parties herbeuses en éponges. Grâce au parapluie,la partie supérieure tient l'eau, mais le bas est détrempé. Par bonheur, nous ne serons qu'une demi-heure sous ce déluge. Arrivés à Queyrières, nous retrouvons nos deux cigales du Sud, dont l'un est en sandales et chaussettes, pestant de ne trouver un bar dans ce patelin. Ils nous laissent un abri de fortune qui nous permettra de fair une sort aux provisions de "chez Fernande". La fin du trajet ne sera qu'une partie de saute ruisseaux et de "où puis-je mettre les pieds pour ne pas patauger dans la gadoue". Le dernier kilomètre nous fait pour une fois apprécier le bitume bien sec.  A Saint-Julien-Chapteuil, une douche et un café (1 euro le café) nous font oublier le froid et les intempéries. Le repas du soir mettra à l'honneur le petit salé au lentilles vertes du Puy, un vrai régal, et la demi-bouteille de Crozes Hermitage nous garantira un sommeil de plomb.

 

 

 

 

« A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »

Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle