Lundi 25 juillet 2011

7EME ETAPE : SAINT-JULIEN-MOLIN-MOLETTE - LES SETOUX 22 KM

Nous prenons le petit-déjeuner en compagnie de chanteurs participant à un stage dans le village voisin. L'ambiance est simple et décontractée, mais en contradiction avec le décor plutôt aristocratique, cheminée, luminaires, mobilier en bois massif et volume des locaux.

Nous faisons la connaissance des propriétaires, un jeune couple d'ingénieurs qui a fait le choix d'une meilleure qualité de vie en optant pour la gestion de chambres d'hôtes. On ne peut que recommander ce pied-à-terre pour les gens de passage. Pour venir à la Rivoire, nous nous étions quelque peu déroutés du chemin balisé. Nous devons rejoindre Bourg-Argental pour un ravitaillement un peu plus conséquent que d'habitude, de quoi alourdir les sacs. Nous y parvenons comme sur des rails en suivant une voie ferrée désaffectée que nous retrouverons d'ailleurs tout au long du parcours.

Ce devait être une de ces nombreuses compagnies privées qui ont essayé de proposer des itinéraires hors des grands axes, sans trop de succès. Sur le viaduc la date de 1892 y est gravée.

 

Ligne de chemin de fer : Firminy - Saint Rambert d'Albon :

Le parcours final est long de 61 km. Cette ligne comporte un tracé audacieux puisque après avoir remonté la vallée de la Dunières, elle passait sous le col du Tracol grâce au tunnel du même nom, d'une longueur de 2392 mètres, reliant ainsi Riotord à Saint Sauveur en Rue. Pour pouvoir rejoindre Annonay, la ligne était obligée d'emprunter une spirale autour de Bourg-Argental, lui permettant ainsi de redescendre en altitude.

Notre pause pique-nique est située à la gare. Le bâtiment existant est certes en piteux état et orphelin de ses rails, mais nous offre la proximité d'un espace de loisirs pour le confort de notre en-cas.

Le ciel, ce matin était uniformément gris et nous laissait songeurs quant aux caprices de dame météo. Elle fit sa petite crise vers 14 heures et nous obligea à passer une quatrième heure sous la pèlerine. Insensiblement, mais sûrement, nous prenons de l'altitude pour atteindre les 1200 mètres. Au fur et à mesure de notre progression, la végétation change rapidement. Des châtaigniers, chênes ou pins on va arriver à un paysage très proche de nos forêts, avec les bonnes odeurs de sapin, de sous-bois fleurant bon le champignon et l'humus. Maintenant des nuées enveloppent les arbres et le brouillard exige que nous regardions les marques de balisage avec attention. A un tournant, nous surprenons un écureuil, puis plus loin, c'est un chevreuil que nous débusquons des fourrés. Durant 8 kilomètres, nous serons seuls au monde dans cette immensité forestière impénétrable si ce n'est par les sentiers qui la sillonnent. si nous ne connaissions pas notre destination finale, nous aurions eu des doutes quant à trouver un refuge dans une région pareillement perdue.

Une clairière soudain apparaît et un hameau se dessine en contrebas. A la maison du propriétaire, un panneau nous invite à nous rendre au gîte et à nous y installer. L'espace est convivial et nous sommes logés dans un dortoir de 14 places, partageant la pièce avec nos allemandes de Chavannay et deux autrichiens que nous avions dépassés, peinant dans la montée. Le petit restaurant, contrairement à ce que l'on nous avait dit, était ouvert. Dans le souci d'alléger nos sacs, nous avons opté pour le repas maison.

 

 

 

« A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »

Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle