Dimanche 24 juillet 2011

6EME ETAPE : CHAVANAY-SAINT-JULIEN-MOLIN-MOLETTE 22 KM

Après 10 heures de sommeil, les voyageuses allemandes en ont assez et sont rapidement sur pied. A propos de pieds, les nôtres sont en parfait état et ce n'est pas rien quand il faut trotter toute la journée. Ce matin donc, passage à la boulangerie ce qui va nous assurer un petit-déj' croissants et baguette toute chaude. Mmmh.

Le chemin ne nous laisse pas le loisir d'une mise en train. On gagne rapidement 150 mètres d'altitude pour parvenir à la chapelle du Calvaire. La vue est imprenable sur le vieux village de Chavanay et sur le Rhône qui s'étale majestueusement. La montée nous permet de compléter le petit-déjeuner en grappillant quelques prunes qu'il suffit d'attraper sur l'arbre. Nous sommes maintenant dans le département de la Loire et entamons la conquête du parc naturel du Pilat. Les rives du Rhône et le sous-sol ont les même caractéristiques ici qu'en Valais. La vigne y croît sur tous les coteaux et les arbres fruitiers sont omniprésents. Les appellations "côtes-Rôties" et "Saint-Joseph" sont les fleurons de cette portion de rivage.

Saint-joseph

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L'appellation saint-joseph s'étend sur une longue bande de 50 kilomètres sur la rive droite du Rhône et totalise un peu moins de 1000 hectares en vignes. Elle recouvre en partie celle du condrieu au nord. Les sols sont assez homogènes, essentiellement granitiques mais par endroits calcaires ou de marnes quaternaires. Les coteaux sont pentus et la vigne est plantée en terrasses.

En rouge, le cépage unique est la syrah. Les textes autorisent l'adjonction de 10% de raisins blancs en cuve. Les blancs sont élaborés avec le couple traditionnel : marsanne et roussanne. Les 5 caves coopératives assurent un part importante de la production de l'appellation.

Après le premier palier, nous poursuivons sur un plateau par des sentiers sablonneux qui laissent étinceler mille petits diamants composés probablement de silice de quartz. Avec les premiers hameaux nous remarquons que le type de roches du sous-sol a complètement changé. Finies les construction en tuiles et galets. On passe ici à du massif et plutôt costaud. Les murs des maisons, comme ceux qui entourent les jardins ou longent les chemins, sont en pierre de taille de type granitique ou basaltique avec des joints bouchés au mortier. Ils donnent l'impression de pouvoir durer des siècles. Jusqu'à Bessy, on est au royaume de la pomme avec des plantations à perte de vue.

Nous prenons toujours de l'altitude par des sentiers qui nous rappellent nos Préalpes. en bordure de chemin la biodiversité et la richesse des arbustes n'a pas d'équivalent dans nos régions. les débroussailleuses auraient tôt fait de rendre ces haies tip-top en ordre et de ne laisser s'installer aucune ronce.

La pause de midi se fera peu avant le point culminant, assis sur des rochers face à un magnifique panorama, dont la visibilité doit porter au moins à 200 ou 300 kilomètres. Nous savourons le moment présent. A nos pieds quelques vaches sans cloche paissent nonchalamment. Seul le bruit du vent dans la haie de frênes vient troubler le calme. Il semble tout à coup que la girouette ait tourné et indique la bise. Le ciel se dégagera-t-il demain pour notre étape de "montagne"? les juillettistes pourraient-ils enfin profiter des piscines et des plages ? Aujourd'hui, à 11 heures on avait un petit 17° à 400 mètres d'altitude.

L'approche de Saint-Julien-Molin-Molette se fait par un superbe sentier qui rappelle les chemins des bisses valaisans. Le dernier "col" de la journée nous amène à la Rivoire, magnifique propriété, qui a certainement un passé historique intéressant. Chose encore inédite, nous logerons dans la tour, au rez-de-chaussée, avec accès direct sur la terrasse.

A l'heure du dîner, une sympathique dame retraitée, s'occupe personnellement de nous en l'absence des propriétaires. Elle nous préparera un excellent repas, accompagné d'un bon coup de rouge du terroir, il n'y a pas besoin de berceuse pour trouver le sommeil.

 

 

 

« A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »

Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle