Samedi 23 juillet 2011

5EME ETAPE : SURIEU- CHAVANAY 18 KM

Petit-déjeuner à 7h30. La collation étant servie librement, nous nous retrouvons seuls dans la salle à manger. On enfreint quand même un peu la règle du silence en chuchotant avec le sentiment d'être comme deux enfants pris en faute. Huit heures. Office. Quelques minutes avant le début, il règne un silence impressionnant mais serein dans cette petite église dont les murs portent le souvenir des gens et des événements qui y ont défilé durant presque un millénaire. Par le vitrail orienté à l'est pénètre une lumière de soleil levant se projetant par un grand rai jusqu'au pupitre de lecture. On se croirait dans un film dont le réalisateur aurait réglé son éclairage avec divers artifices et aurait placé le filtre adéquat devant la caméra. Là, la nature a fait les choses naturellement. Après une demi-heure de psaumes chantés et de louanges psalmodiées, la soeur de l'accueil nous promet les prières de la communauté. Nous reprenons la route en ayant encore le volume de la voix réglé sur un.

A la sortie du village, bref arrêt à la fromagerie pour acheter un petit sec du coin qui fera l'affaire pour le casse-croûte. Traversée de forêt sur chemin de galets, pour changer, puis arrêt achat de pain au village suivant. Nous taillons un bavette avec un Papy qui nous envie de pouvoir marcher si loin, lui qui arrive tout juste à l'orée de la forêt pour aller cueillir quelques champignons. Mais ces temps-ci c'est la mauvaise lune et avec ce temps exécrable ... Pour nous en tout cas, dame météo ou les prières des carmélites ont bien fait les choses : ciel nuageux, fraîcheur et au compteur pluie, seulement 3 heures depuis le départ. Avec ce qu'on nous prédisait...! La deuxième partie de l'étape est un des points noirs signalé par les pèlerins : la traversée de la plaine du Rhône. Cela commence avec le franchissement de l'A7 qui déroule ses deux rubans noirs sous nos pieds, l'un vers Valence, l'autre vers Lyon, avec un effet d'optique qui vous donne la nausée par ce chassé-croisé sur 6 colonnes vrombissantes vers des vacances idylliques ou des retours au turbin.

Les lignes droites ne sont pas si monotones. Tantôt longeant des champs de maïs, de tournesols puis arrivant dans la zone des vergers, elle nous font perdre petit à petit de l'altitude passant de 400 à 160 mètres.

 


Au détour des plantations, nous maraudons quelques prunes, les mûres sont également à point. On a failli se régaler de nèfles qui avaient un aspect appétissant, mais elles n'étaient en bout de ligne de pommiers que dans le but de produire un leurre pour les oiseaux. Les pauvres ils vont s'y casser le bec. Le dernier palier franchi, nous parvenons à nouveau au bord du Rhône que nous avions quitté entre Yenne et Champagneux. Pour ces retrouvailles, le ciel nous fait la fête, en nous gratifiant d'une belle averse, le temps de parcourir les 300 mètres du pont sur le fleuve. Nous sommes à Chavanay, notre point de chute. Le gîte se situe dans l'ancien bourg derrière l'église. Il est fermé et on appelle le propriétaire qui nous donne le code de l'entrée. Deux pèlerines allemandes nous ont précédés et feront dortoir commun avec nous. Petite balade ravitaillement pour le lendemain et le repas du soir. Au menu, un coin d'Italie : insalate pomodori, risotto ai funghi et pour le dessert à la française, crème brûlée Bonne Maman. On est seuls à la cuisine et on se croirait comme à la maison. Nos co-voyageuses allemandes sont allées manger une pizza et, au retour, on sifflé une bouteille de Côtes du Rhône en le buvant dans des verres à eau aussi vite que du sirop. A 20h30, résultat de cette descente express, gute Nacht.

 

 

 

« A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »

Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle