Dimanche 25 juillet 2010
6EME ETAPE : MIES - GENEVE (CHENE-BOUGERIES) 19  KM
Notre hôtel fantôme s’est montré bien intriguant avec ses portes qui grinçaient et ses planchers qui craquaient. Le sommeil fut assez léger, perturbé par des moustiques qui voulaient, l’ambiance aidant, se prendre pour des vampires. Au lever, petit-déjeuner acheté à l’épicerie du coin et avalé sur un coin de table. L’étape de la veille avait laissé des traces. Il faut dire que prendre chaque matin un embonpoint subit de douze kilos et se promener tout le jour avec, sans demander l’accord de ses pieds, peut entraîner un peu de révolte. Lorsque je disais, le premier jour, que tous les soucis habituels disparaissaient, c’est bien vrai. En marchant, le baromètre de la journée est à regarder au niveau des pieds. «Quand le pied va, tout va». Hors, ce jour, les ampoules clignotaient à l’orange et laissaient présager quelques problèmes. La mise en route ne se fit pas au rythme du diesel, mais plutôt de la locomotive à vapeur. Départ sur le goudron, puis descente vers Versoix par un bucolique sentier suivant un ruisseau. Au bout d’une heure à avoir marché sur des oeufs, on va tenter un arrêt au stand avec changement de pneumatiques. Pour moi, l’option s’avère payante et le pas retrouve un mouvement normal qui ne va plus tétaniser mon mollet gauche. Pour Hélène, un retour à la première solution va calmer les pieds mais pas les genoux. On se demande comment faisaient les pèlerins du Moyen-Age pour parcourir les chemins caillouteux de l’époque avec leurs galoches. Ils avaient certainement le pied plus dur et le cuir bien tanné qui trouve son équivalent au XXIème siècle avec le pneu.
Traversée par Genthod et Chambésy, région où la propriété privée est omniprésente, où chaque bâtisse est barricadée derrière mur, portail métallique, mention bien visible de la compagnie de sécurité, caméra de surveillance, présence de chiens, voire de lions en bronze devant l’entrée. Seul un banc de pierre entourant un arbre a pu être accessible pour le grignotage de biscuits et de fruits secs.  Descente ensuite de Pregny vers Genève que nous abordons par le jardin botanique. Havre de paix  et de fraîcheur, parmi les cris des enfants et la musique du manège à la «Tinguely». Nous profitons de l’ambiance pour casser la croûte.

Des globes géants sur les quais de Genève
Notre Terre : agir pour l’avenir de nos enfants
Terre des Hommes Suisse présente 29 pistes de réflexion pour lutter contre le changement climatique et améliorer les conditions de vie de ceux qui en subissent les effets, notamment les enfants. A pied, à vélo, à trottinette : zéro pollution (www.terredeshommes.ch).

La traversée de la ville se fait par les quais Wilson, du Mont-Blanc et Ador, lesquels se donnent des airs de Ramblas  ou de bords de Tamise avec leurs personnages-statues qui captent l’attention du badaud, leurs parieurs illégaux qui pigeonnent le touriste et les forains qui montent leurs installations en vue des «Fêtes de Genève». Tout cela dans une foule bigarrée qui fait sa sortie dominicale en se faufilant entre les vélos, rollers, trottinettes, joggeurs, toutous ou voyageurs pressés tirant leurs caddies.
Montée du parc des Eaux-Vives, stade de Frontenex, un kilomètre de trottoirs, Route des Buclines 20, la distance du jour est absorbée et nous sommes accueillis dans une magnifique propriété, par Claudine et Marcel. Comme les coureurs du Tour de France, nous nous accordons un jour de repos en laissant sur place sacs et chaussures. Que c’est bon de se sentir légers.

 

 

 

« A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »

Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle