Jeudi 22 juillet 2010
3EME ETAPE : CORCELLES-LE-JORAT  - LAUSANNE 17 KM
La nuit a été réparatrice, les épaules et les jambes ont été soulagées pour quelques heures de leur poids et étaient prêtes à reprendre la route.
L’Auberge Communale de Corcelles-le-Jorat est une charmante bâtisse qui a l’inconvénient de se trouver à 20 mètres de l’église. Quand je dis inconvénient, c’est à cause de la sonnerie des heures qui ne s’interrompt pas durant la nuit. Les habitants des hauts de Marsens que nous sommes ne trouvons rien à redire aux cloches des vaches qui tintinnabulent au gré des déplacements et des ruminations de ces chers bovidés. Par contre, se trouver au troisième étage de l’auberge, à la hauteur du clocher, rythme votre nuit comme un métronome réglé sur un andante super lento. L’horloge a encore une particularité : elle sonne les heures deux minutes avant l’échéance et répète l’opération, pour le cas où vous seriez restés englués dans vos rêves et auriez mal compté les coups, deux minutes après l’heure fatidique. Du coup, la montre sur la table de nuit est inutile.
Le petit-déjeuner fut du même acabit que le repas de la veille, fort généreux. Le rire tonitruant, et c’est pas peu dire, et l’accent savoureux des paysans du coin qui peuvent encore se permettre de prendre les «neuf heures» en refaisant le monde durant plus d’une heure, nous font entendre les derniers sons de ce coin de Jorat.
Un «stempel» et ça repart ! Par bords de route, mais surtout sentiers forestiers, nous rejoignons Montpreveyres puis le Chalet-à-Gobet et descendons sur Epalinges. La pause de midi a été courte : un sandwich avalé dans un tea-room au terminus de la ligne du M2. En sortant d’un bois, nous sommes surpris de nous retrouver en bordure d’autoroute, devant le panneau de la sortie «Blécherette». Nous longeons les hauts de Lausanne par la vallée du Flon et atteignons le bois de Sauvabelin. Là, en passant devant un restaurant, un quatuor de gruériens nous hèle en repérant notre coquille Saint-Jacques. L’un d’eux a fait le chemin et nous prédit un grand plaisir, mais surtout après le Puy-en-Velay. Apparemment, il faut encore s’attendre à quelques kilomètres de galère d’ici-là.

N’ayant pas assez de kilomètres dans les jambes, nous avons jugé qu’il serait bon, pour notre condition physique, d’escalader les escaliers de la tour de Sauvabelin. Malgré un horizon un peu flou, le coup d’oeil sur Lausanne en valait la peine.
Maintenant pause sur un banc du parc pour écrire la petite bafouille quotidienne en attendant de nous rendre chez Solange et Sacha, nos hôtes de la soirée.
Par un heureux hasard, nous rencontrons Solange dans la rue en cherchant le numéro de son appartement.
En attendant Sacha qui fait des heures supplémentaires, nous voyageons en Afrique du Sud par les merveilleux albums souvenirs que Monique a édité avec une patience et une minutie qu’on lui connaît bien.
Au menu, penne bolo arrosés d’un excellent vin rouge argentin. Que demander de mieux. Les au revoir se font avant d’aller se coucher, Solange partant tôt et Sacha profitant de compenser les heures sup’ en sommeil.

 

 

 

« A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »

Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle