Mercredi 21 juillet 2010
2EME ETAPE : MEZIERES - CORCELLES-LE-JORAT 24 KM
Quarante et un ans jour pour jour après qu’un certain Armstrong ait fait son petit pas pour l’homme et son grand pas pour l’humanité, nous nous préparions à trottiner 48‘000 fois sur cette bonne vieille Terre sans avoir de drapeau à planter à l’arrivée (en fait un étendard suisse y flottait déjà).
On aurait bien pris Florent pour un bout de route, mais il voulait aller à la place de jeux de Compostelle ! Ce sera pour une prochaine fois. Descente vers Romont, une petite chapelle Saint-Anne - encore une - Tetra Pak puis la montée vers Hennens sous un soleil déjà bien généreux. Quelqu’un disait «le soleil est le manteau du pauvre», aujourd’hui c’est carrément la doudoune !
Arrivés à la limite Valdo-Fribourgeoise, un paysage assez insolite s’offrit à nous. Nous avons longé cette ligne sur 200 mètres, laquelle marquait un partage des couleurs radical. A l’est, les prairies et forêts fribourgeoises d’un vert éclatant malgré la sécheresse, à l’ouest la vallée de la Broye et la blondeur géométrique de ses champs de céréales.
Le château de Lucens est en point de mire, mais il faudra près d’une heure pour atteindre la rivière en passant par Lovatens et Curtilles. Puis longue, longue et chaude ligne droite pour avoir droit à un «stempel» à l’église Saint-Etienne de Moudon et à de bons roestis montagnards pour se requinquer.

Les sacs commencent à se faire pesants et les épaules, comme prévu, crient un peu sous ce fardeau. Le chemin du pèlerin passe par la ville haute de Moudon, avec ses bâtisses anciennes qui valent le détour malgré la dénivellation.
Puis c’est le retour au bord de la Broye qui se donne des airs de Sarine avec ses falaises impressionnantes. Les litres d’eau se vident - peu de fontaines à l’horizon - les pieds commencent à chauffer. Deux kilomètres et demi de déroutement, au bord d’une route à trafic important nous emmènent à notre point de chute, Corcelles-le-Jorat. Petite désillusion, l’Auberge communale n’ouvre qu’à 18 heures. Comme nous sommes en Suisse, le deuxième bistrot du coin nous permet de nous désaltérer. La panachée est «vachement» appréciée et nous taillons une bavette avec un chauffeur de taxi qui vient de descendre deux décis de blanc, certainement les derniers d’une série, qui prétend avoir fait à pied Bulle-Lourdes et qui aimerait bien faire le chemin de Compostelle. En partant, il ne trouve plus ses clés! Les prochains clients auront quelques soucis à se faire!
Hélène disait hier «qui veut aller loin ménage sa monture», la monture est allée loin, mais elle a quand même hérité d’une belle ampoule au sabot! Et une supplémentaire, devinez où ? sur l’épaule. La soirée se termine devant une assiette campagnarde géante et re-une panachée, avec des clients très polis, comme partout dans ce coin de pays, nous gratifiant de salutations à leur arrivée et à leur départ. Quand on dit que la politesse se perd, certains pourraient en prendre de la graine!

Eglise Saint-Etienne de Moudon - Chapelle Saint-Jacques :
La Chapelle de St-Jacques se trouve en entrant à gauche dans l’église St-Etienne de Moudon. Elle a été inaugurée le 1er décembre 2008, en présence des autorités civile et religieuses (protestante et catholique, également un représentant de la Communauté musulmane), de l’association des Amis du Chemin de St-Jacques, des Offices de Tourisme de Moudon et Romont ainsi que du Service des Monuments Historiques de l’Etat de Vaud.
Elle est l’oeuvre des apprentis de l’entreprise « Bois Technique » de Moudon. L’ensemble a été réalisé selon des techniques anciennes, tout est chevillé, sans aucun clou ni vis ! (www.st-etienne-moudon.ch)

 

 

 

« A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »

Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle