Mercredi 20 juillet 2011

2EME ETAPE : LE PIN - GILLONAY 20 KM

Pluie du matin ne rebute pas le pèlerin. Les paysages sont encore embués dans les averses de la nuit et le ciel n'a pas fini de pleurer.

Petit-déjeuner sympa avec baguette chaude et confiture de châtaigne. Il faut bien ça pour nous donner la volonté de mettre le nez dehors. 8h30, protection maximale et on se lance. Quinze minutes plus tard, ô miracle, la couche imperméable retourne dans le sac ... jusqu'au milieu de l'après-midi. On n'en espérait pas autant. Durant une heure, traversée de sombre forêt avec des enchevêtrements de bois mort laissant parfois la place à des clairières envahies de fougères et de genêts. L'air est moite et l'odeur des sous-bois et de l'humus est particulièrement marquée. Dans un pâturage jouxtant sa ferme, un paysan poursuit une vache allaitante et son veau en jurant comme un charretier et en s'époumonant pour envoyer les animaux vers la sortie du bocage.

Comme nous avions déjà pu le remarquer, les montées prennent la ligne droite. Certes c'est plus court, mais on se prend les courbes de niveau plein les jambes, idem pour la descente avec des galets bien ronds qui roulent sous les semelles. Des galets, il y en a partout, si bien que les constructeurs de la région les utilisent pour bâtir leurs murs, en alternant une couche de tuiles et une de galets. Même les églises ont été édifiées avec ces matériaux et cette technique.

Technique de construction :

Les galets roulés, autrefois extraits des plaines et des rivières, étaient employés la majeure partie du temps au soubassement des murs des maisons et granges et aux murs de clôture.
Plusieurs techniques se retrouvent dans la manière de poser ces galets afin de donner une belle allure au bâtiment ; la plus connue et la plus ancienne étant l'arête de poisson, avec alternance de morceaux de tuiles servant à pomper l'humidité éventuelle mais aussi au décor et à l'esthétique.

Eglise de Valencogne
Eglise de Valencogne

Midi, on approche du Grand Lemps, le bourg principal du coin. La sonnerie des cloches de l'église Saint-Jean-Baptiste déclenche une belle averse juste à l'heure du casse-croûte. Nous avons été contraints de jouer un peu les marchands du temple et nous avons déballé sandwichs, oeufs durs et thé chaud bien installés au fond de l'église.

Trois kilomètres de goudron nous rappellent que le plat n'est pas le plus agréable pour nos pieds. Nous nous faisons dépasser par un allemand qui marchait sur BMW et qui a eu tôt fait de disparaître à l'horizon. A le voir de derrière on remarquait qu'il avait déjà quelques kilomètres dans les mollets.

Voilà que le ciel nous gratifie à nouveau d'un soulagement diluvien qui transforme le sentier en ruisseau. Nos chaussures ne boivent cependant pas la tasse.

Retour au calme pour notre arrivée à Gillonay où notre logeur est en train de se battre avec des guêpes qui ont colonisé la chambre que l'on devait occuper. Finalement, c'est lui qui rendra les armes et nous proposera une chambre d'hôtes familiale avec espace détente et chambre à coucher en mezzanine. Voila qui est mieux que l'écurie qui occupait l'espace il y a deux ans.

Nous passons une soirée fort agréable avec des spécialités régionales au menu : caillette et tartiflette préparées avec talent. Les discussions avec Jean et Francine sont nourries et les heures passent trop vite. Le coup de rouge, les cerises au marc et la liqueur d'hysope vont assurer un endormissement rapide.

 

 

 

 

« A cette époque, ma quête spirituelle était liée à l’idée qu’il existait des secrets, des chemins mystérieux… Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère et de la vie… »

Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle